samedi 16 juillet 2016



     La ville a son peuple de spectres. 
Ceux qui s'entretinrent chaque soir en bord de fontaine nous engagent. Ils nous concernent par leur insignifiance même. Comme ceux qui se pressaient et ceux qui s'égaraient. Comme ceux qui marchaient loin pour s'oublier. Tout ceux qui s'agitaient au sol de la ville, et qui changeaient avec elle.

A certains égards leur souvenir sans visage fait présence, et l'on y songe parfois, doucement. Parce qu'ils habitent encore, ils épaississent l'espace-temps citadin d'une cinquième dimension.